Pommes de terre cultivées sous paillis

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, petit retour sur un test de pratique culturale des patates… La culture sous paillis. J’ai récolté il y a quelques jours, les dernières pommes de terre du jardin. Ouf ! Juste avant la neige et le gel…

J’ai eu l’occasion de tester deux techniques de culture de pomme de terres lors de ma première saison : une technique qui se rapproche fortement de la technique “traditionnelle” et une technique souvent considérée comme étant “de feignasse”, et donc qui attirait forcément mon attention 😉 : la technique de culture sous paillis.

La technique “traditionnelle” consiste à désherber une zone, creuser des sillons, déposer les plants de patates au fond, et de les recouvrir avec la terre précédemment mise de côté. Par la suite, deux ou trois buttages seront généralement pratiqués au fur et à mesure de la pousse des plants : ça consiste à créer de petites buttes en rassemblant la terre de chaque côté du rang de pieds de patates. Dans mon cas, je partais d’une zone désherbée par la technique d’occultation par bâche. J’ai donc “scalpé” les restes de végétaux, creusé des sillons, en choisissant de les faire assez profonds, pour ne pas avoir à butter par la suite. Vous remarquez déjà une petite adaptation 😉

Cette technique est quand même assez chronophage : je mettais une demi journée à planter une bande de terrain, soit 4 rangs de 5 mètres de long. Comme j’avais eu les yeux plus gros que le ventre, j’avais acheté de nombreux plants de différentes variétés de pommes de terre… Qui patientaient de façon plus ou moins efficace depuis mars, et leurs germes commençaient à trop grandir… Et comme la saison démarrait doucement, la période favorable à la plantation des pommes de terre reculait devant le froid, et je me retrouvais bientôt avec une semaine ni plus ni moins pour installer tous les légumes habituellement répartis sur le mois de mai ! Je ne voulais pas passer mon temps à planter des patates, et mettre de côté les haricots ou les courges qui attendaient eux aussi leur tour… Je commençais à être coincée par le temps.

J’ai donc décidé de jouer “le tout pour le tout” après plusieurs journées patates, en plantant tous les plants de patates restant avec la technique dite “de feignasse” ou plantation sous paillis. Mon histoire s’est bien goupillée, puisque j’ai pu profiter de l’aide manuelle d’un ami venu passer une semaine de vacances (héhé).

Nous sommes donc partis d’une zone elle aussi désherbée par la technique d’occultation par bâche. Nous avons également “scalpé” les restes de végétaux, puis déposé nos plants de patate à même le sol, nous les avons recouverts d’une petite couche de brf (bois raméal fragmenté) pour les caler, et enfin d’une couche généreuse d’herbes fauchées toutes fraîches. Celle-ci a été renouvelée une fois au cours de la saison, en une petite demi-heure maximum… Et voilà, une demi journée à deux, pour couvrir une surface 4 fois plus grande… Ça fait quand même gagner du temps (ça prend 2 fois moins de temps à surface équivalente, si on compte bien 😉 ).

pdt-sous-paillis

En partant du haut, 5 bandes terminées, et au premier plan, une bande qui a reçu son brf et qui attend son herbe fauchée !

Je tiens à vous prévenir, je vais aborder les résultats obtenus avec des deux techniques, mais il ne s’agit pas pour moi d’un véritable comparatif. Pourquoi ? Parce que ma comparaison ne serait pas bien scientifique 😉

Je ne pars pas du tout des mêmes conditions de base, parce que mes plants “sous paillis” étaient bien plus mal en point que mes plants “tradis”, que je n’ai pas réalisés les buttages de la méthode “tradi” -qui n’est donc plus tout à fait la même…, que je n’ai pas tenu une comptabilité précise du nombre de plants installés avec telle ou telle technique, ni du poids de semences que cela représentait, et cerise sur le gâteau, parce que les variétés utilisés ne sont pas réparties équitablement sur les deux techniques !

Bref, mon but lors de ce changement de technique de culture de patate n’était pas de pouvoir comparer rigoureusement deux techniques, mais bien de sauver les nombreux plants qui me restaient sur les bras après une mauvaise évaluation des quantités à commander (c’est beaucoup moins glorieux dit comme ça !)

Mais trêve d’auto-flagellation, et retour aux résultats, qui sont, il faut le dire… plutôt corrects !

Forcément, la technique “tradi” a apporté des résultats plutôt satisfaisants : ce n’est pas pour rien qu’elle est pratiquée depuis des générations… J’avais trois variétés de pommes de terre à consommer “nouvelles” ou “primeurs”, c’est à dire récoltées assez jeunes, avant que les pieds ne soient jaunis, et une variété dite “de garde” que l’on récolte à maturité complète. J’ai obtenu un rendement moyen de 420 grammes par pied. En général, lorsqu’on fait de la pomme de terre “de garde” on tourne autour des 1kg par pied, et on peut atteindre les 2kg avec certaines variétés très productives. Forcément, moi j’avais une majorité de variétés de pommes de terre “primeurs”, au rendement logiquement plus bas, puisqu’on les récolte plus tôt. Ce rendement attendu en “primeurs” tourne autour des 150 à 300 grammes par pied. Finalement, avec mon rendement moyen à 500 grammes, pour environ une répartition des quantité en 60% de pommes de terre “primeurs” et 40% de pommes de terre “de garde”, ça donne une répartition en rendements environ à 700 grammes par pieds pour les pommes de terre “de garde”, ce qui est un peu faible, et 250 grammes par pied pour les pommes de terre “primeurs” ce qui est tout à fait correct ! Peut-être que ces rendements aurait même été supérieurs en pratiquant la technique “tradi” jusqu’au bout, avec ses buttages…?

Bon je vous laisse avec mes calculs approximatifs et mes Paris en bouteille, et je reviens aux observations 😉 Avec cette technique “tradi” je n’ai pas eu de patates grignotées, ni de patates vertes (en tout cas, pas significativement), j’ai seulement eu l’apparition d’une maladie “de peau” faisant apparaître quelques cloques disgracieuses, mais n’altérant absolument pas la chair. Je l’ai identifiée comme étant la gale, mais alors laquelle, je ne suis pas spécialiste… Ce n’est pas une maladie “grave” dans le sens ou elle n’altère pas les qualités gustatives de la patate, mais bon, c’est vrai une patate qui a la gale est moins jolie qu’une patate toute lisse…

C’est une maladie que j’ai également retrouvé en méthode “sous paillis”. Là, je n’avais que des pommes de terre consommées “nouvelles”, et mon rendement a atteint les 230 grammes par pieds. C’est finalement un rendement “primeur” respectable, alors je suis bien satisfaite ! Une des causes non négligeable de cette baisse de rendement, est que j’ai obtenu un nombre assez important de patates vertes, dues au couvert paillis qui n’était pas assez épais par endroit : cela laisse passer la lumière, et fait verdir les patates… J’ai eu quelques patates croquées, mais rien de bien significatif. Par contre, j’ai eu énormément de toutes petites patates. Minuscules même ! Format grelot, mais inférieur à 2cm de diamètres… Je ne sais pas si cela est dû à la technique “sous paillis” (cela me semble peu probable), ou à l’état des plants qui commençaient à dépérir (cela me semble plus probable…). En tout cas, ce sont des patates que j’ai choisi de ne pas ramasser, et de laisser sur place, pour leur laisser une chance de faire de nouveaux plants l’année prochaine ! Si je les avait ramassé, j’y aurait passé un temps fou, pour obtenir 3 ou 4 kilos de plus. J’ai préféré parier sur l’avenir :D.

Dans l’ensemble, je suis assez satisfaite des résultats, surtout que mes patates sont délicieuses ! 😉 J’ai quand même eu de très bonnes surprises, et voilà ce que le test de la culture “sous paillis” m’a apportée :

  1. J’ai trouvé une technique pour “sauver” mes plants qui se trouvaient à un état critique, sans en faire pâtir les autres légumes, et ça, c’est déjà une victoire 😉
  2. Cela m’a permis de tester 13 variétés supplémentaires (!), dont deux ont eu des résultats très très encourageants (Belle de Fontenay, et Rosabelle), trois des résultats plutôt bons, huit des résultats un peu faibles par rapport à leur réputation.
  3. Cela m’a donné envie de réaliser un véritable comparatif pour l’année prochaine ! C’est sûr, avec un rendement matière au pied 45% inférieur, il a de quoi se poser des questions, mais avec un rendement au temps 2 fois supérieur… aussi ! Alors pour en avoir le cœur net, je vais réaliser la saison prochaine une véritable étude comparative bien plus scientifique, avec un paillis entièrement constitué de brf, car c’est LA matière que j’ai sous la main, et que je pourrai éventuellement utiliser les années suivantes, si la technique “de feignasse” se montre plus efficace !

À suivre 😉

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