Paillis, mulch, brf, compost de surface…

… ou comment couvrir son sol !

Bonjour à tous !

Ça y est, l’automne est bien entamé, et les arbres prennent leurs belles couleurs dorées. Les premières neiges sont annoncées au village, il ne faut plus tarder, il est temps de s’assurer que le champ va passer un bon hiver, et sera prêt à accueillir de nouvelles plantation au printemps.

Pour cela, rien de plus simple : il faut que le sol soit bien couvert pour tenir l’hiver, un peu comme nous 😉

Pourquoi couvrir le sol ?

Je ne vais pas rentrer dans les détails ici, car le fonctionnement des sols est complexe (j’en aurais pour des semaines !). Je vais juste rappeler quelques informations, et vous inviter à lire deux trois bouquins sur le sujet, si vous voulez être calés en la matière !

1. Le sol est vivant. Bon je pense que cela commence à ne plus être une grande surprise… Mais pendant longtemps, l’agronomie étudiait les systèmes culturaux comme étant l’assemblage d’un substrat, ou d’un support de culture, des cultures, et des intrants permettant d’apporter aux cultures ce dont elles ont besoin. Dans ce schéma « conventionnel », le sol n’est que support. La vérité est bien plus complexe : le sol est un écosystème. Il est donc composé d’un ensemble d’organismes vivants plus ou moins gros et visibles, qui vivent dans un milieu défini. Et en ce qui concerne le sol, cela représente plusieurs couches de milieux différents, qui accueillent chacun des organismes différents, qui se comptent en milliards d’individus par poignée de terre ! Comme je sens que je dévie, je vous donne tout de suite la référence d’un livre indispensable à quiconque veut comprendre (au moins un peu !) le fonctionnement du sol et des êtres vivants qui le constituent : Le Génie du sol vivant, par Bernard Bertrand et Victor Renaud, aux éditions de Terran.

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Bon le sol est vivant, ok, et alors ?

2. Le sol est vivant, donc à l’état naturel, il se couvre, tout seul comme un grand. Là, je ne vous apprend pas grand chose, chacun a pu faire l’expérience, que ce soit au jardin, sur un chantier, et même dans des aménagements urbains, d’un bout de terre laissé à nu. En quelques semaines, les plantes s’installent et la terre se couvre. Pourquoi ? Parce que cette couverture naturelle profite à chacun des organismes qui composent le sol. En créant une « couche protectrice » bien sûr, mais aussi en les nourrissant. Eh oui, le sol est constitué d’êtres vivants, ils ont donc des besoins pour vivre ! Des besoins qui touchent leur environnement (température, humidité, acidité, présence ou non d’oxygène…) mais aussi comme nous, des besoins « primaires » d’alimentation (eau, minéraux, matières organiques…) et c’est là que ce situe une des étapes importantes à comprendre : les organismes qui font du sol un écosystème vivant (pléonasme) ont besoin de matière organique pour vivre. Et cette matière organique est apportée par… d’autres organismes vivants, qui participent à alimenter le sol de leur vivant, ou de leur mort. Ces organismes sont par exemple, les plantes ! Elles bénéficient des bienfaits apportés par le sol et ses organismes (eau, oxygène, minéraux…), et font bénéficier de leurs apports au sol (feuilles, racines, fruits, branches…) qui vont être décomposés par les organismes du sol -qui puisent ce qui leur est nécessaire lors de ces processus, ce qui rendra à nouveau disponibles pour les plantes les minéraux indispensable à leur croissance… On appelle cela un cercle vertueux ! Et ce cercle vertueux implique qu’un sol vivant sain, se couvre naturellement. Encore une fois, c’est simplifié, alors zou ! un deuxième livre permettant d’y voir un peu plus clair : Le sol, la terre et les champs, de Claude et Lydia Bourguignon aux éditions Sang de la Terre.

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Bon, ok, le sol se couvre naturellement… On n’a pas besoin de le couvrir alors…? Eh bien… oui dans l’absolu !

3. Seulement là, on ne parle pas d’un sol « à l’état sauvage » mais bien d’un sol « domestiqué » ! Le sol sur lequel on fait pousser nos légumes n’est plus à son état naturel. Quand bien même on n’y met pas d’intrants chimiques, quand bien même on ne le laboure pas. Si je prend l’exemple de mon champ, avant que j’y mette mes légumes, il servait de pâture. Il était donc déjà « domestiqué » mais pas pour faire pousser des légumes, pour nourrir des vaches. En fait, la majeure partie des sols que l’on croise sont « domestiqués ». A plus ou moins grande échelle évidemment, mais l’Homme passe son temps à essayer d’adapter son environnement à ses besoins, et lorsqu’il s’est mis à cultiver un sol, il a changé son fonctionnement sans même s’en apercevoir. Et un sol qui était naturellement adapté à produire tel et tel type de plante, devient un sol à qui l’on fait produire des légumes (sélectionnés par l’Homme pour l’Homme). Encore un fois, ce n’est pas si simple, la majeure partie des sols étant naturellement en perpétuelle évolution, et l’action des hommes n’étant pas forcément néfaste à l’environnement, mais impliquant simplement un changement… Je vous renvoie aux deux livres précédemment cités !

Bon, ok, on parle donc d’un sol « domestiqué »… cela ne nous explique toujours pas pourquoi il faut le couvrir ! Je sens que vous vous impatientez, eh bien j’y viens, dernier point…

4. S’il faut couvrir notre sol, c’est parce que sinon, il le fera lui même ! Alors là, je sens que vous croyez que j’ai perdu toute raison, et que je me met à faire moi-même ce que la nature fait d’elle même. Je vous charrie un peu, c’est simplement que si on laisse notre sol « domestiqué » se couvrir tout seul, il ne va pas choisir de se couvrir avec nos bons légumes, ce serait trop beau. Il va simplement laisser germer la multitude de graines qui attendent sagement leur tour dans le sol (on appelle cela la « banque de graines » du sol), et également accueillir avec entrain les nouvelles graines arrivant par milliers par les airs, par les animaux… Un sol ne peut pas se retrouver à court de graines ! Finalement, notre cher sol « domestiqué » qui produit nos légumes, va simplement retourner à la vie sauvage ! Donc, pour ne pas avoir à refaire un travail de domestication du sol chaque année (désherbage, quand tu nous tiens !), il faut également domestiquer la couverture du sol, en lui proposant une couverture qui convienne aux deux parties : une couverture qui protège et nourrit le sol et ses organismes vivants, mais aussi une couverture qui nous permette -par exemple- de moins/plus désherber ! C’est ce qui s’appelle faire des compromis 🙂

Quelle couverture adopter ?

Je voulais faire court pour le « pourquoi », c’est raté, attendez vous à de la longueur pour le « quoi » et le « comment » 😉

Il existe évidemment différentes couvertures utilisées par l’Homme, sinon, ce serait trop simple. Certaines ne remplissent pas -a mes yeux- les prérequis énoncés ci-dessus. Ou alors à moitié, mais dans ce cas c’est un compromis bien léger ! Exemple : les bâches plastiques permanente, aussi appelées « paillis synthétique », ou « toiles de paillage », « bâches non tissées de paillage » en fonction de leur fabrication et du degré marketing de « naturalité » que l’on veut leur donner. Moi je vais les réduire à leur composition : ce sont des plastiques. Ces plastiques sont très largement utilisés en agriculture biologique. Pourquoi ? Parce qu’ils permettent de cultiver sans avoir à désherber, ce qui permet d’augmenter la surface cultivée gérable par une seule personne, donc la surface totale des cultures, et donc les rentabilités €/surface et €/personne (même si elles sont drastiquement revues à la baisse une fois toutes les étapes de commercialisation passées, mais c’est un autre débat !).

Ces plastiques ont donc l’air fantastiques, mais il faut rappeler qu’ils ne respectent pas le compromis ! Certes ils servent bien l’Homme, mais le sol…? Ils empêchent l’eau de passer, l’air de passer, le soleil de passer, mais réchauffent l’ambiance, augmentent temporairement l’humidité de surface du sol, et donc créent des conditions peu favorables à la vie des organismes, et surtout, ils ne nourrissent absolument pas ces organismes… C’est un peu la couverture « esclavagiste » du sol ! Et c’est dommage, parce que l’Homme doit du coup compenser ces manques, en arrosant abondamment, en apportant de l’engrais, bref, en réalisant lui-même les opérations que sa couverture ne fait pas…

Non, vraiment, une des caractéristiques indispensables à une couverture « de bonne qualité », respectant donc le compromis, c’est sa dégradabilité (sous entendue, bien sûr, la biodégradabilité…) et donc son caractère nourricier. Mais aussi sa perméabilité, sa respirabilité… Si on s’attache à toutes ces qualités, on finit forcément par arriver à la conclusion qu’une couverture naturelle, végétale, est la plus adaptée (ce qui est finalement logique, plus on se rapproche du naturel, plus cela fonctionne…non ?)

En considérant ces couvertures végétales, on se rend compte que les possibilités sont infinies ! Pour faire simple, n’importe quelle matière végétale peut servir de couverture. On entend régulièrement parler de mulch, de paillis, voire de brf ou de compostage de surface… Tous sont des couvertures végétales qui assument plus ou moins les fonctions protectrices, nourricières, et « pratique à l’Homme » que l’on recherche en couvrant le sol.

Le mulch, c’est un mot anglais que l’on traduit par… paillis. En France, on en entend surtout parler lorsqu’on parle de gazon. Les tondeuses « mulcheuses » sont des tondeuses qui broient la tonte et la répandent sur le gazon fraîchement taillé. C’est une couverture principalement nourricière, qui « rend au gazon ce qui appartient au gazon » ;). Cependant, le paillis de tontes de gazon est régulièrement utilisé au potager, car, souvent, les jardiniers ont un jardin « d’agrément » à côté de leur potager. Il faut juste penser à bien le répartir en couches peu épaisses pour éviter de former des paquets de gazon qui, avec l’humidité, vont vite pourrir et pourquoi pas re-sécher en croûte, et finalement former une couverture peu perméable à l’eau et l’air. Tout dépend évidemment de vos conditions climatiques, certains vont pouvoir empiler leur gazon sur des centimètres, d’autres non… à vous d’observer !

Revenons au terme généralement employé de « paillis ». Il vient bien sûr du mot « paille », mais tout s’utilise comme paillis… Pour moi, c’est le synonyme de « couverture végétale ». Le paillis, est un matériau végétal, plus ou moins découpé en morceaux, pour être étalé sur le sol, entre les cultures, ou à la place des cultures en inter-saison. Il a aussi très souvent un caractère esthétique marqué. Parmi les paillis que l’on trouve en vente, il y en a même des colorés (!). Les feuilles mortes font un très bon paillis, de même que le carton non traité ! On voit souvent des personnes étaler leur carton partout à l’automne, puis le recouvrir de feuilles mortes, et être ravis de retrouver au printemps suivant un sol meuble et sans trop d’adventices.

Les paillis sont généralement appliqués au printemps et à l’automne, et leurs fonction diffèrent légèrement.

Un paillis de printemps, sera placé une fois le sol réchauffé, pour garder cette chaleur aux pieds des plantes, et maintenir une bonne humidité -et donc limiter les arrosages. Il permet également de limiter les désherbages, et de nourrir le sol au fur et à mesure de sa décomposition : que du bénéf !

Un paillis d’automne est appliqué en fin de saison ou sur une zone temporairement sans cultures, généralement en grande quantité, pour former une couche épaisse, qui maintiendra l’espace de culture « propre ». Autrement dit, pour éviter la pousse de nouvelles herbes indésirables, et maintenir la parcelle de culture bien meuble, bien aérée, et bien nourrie, tout l’hiver, pour accueillir comme il faut les plantations de printemps !

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Paillis d’herbe fauchée au fond, et de brf au premier plan

Dans certains cas, en fonction du matériau utilisé, ou des conditions climatiques, les paillis peuvent abriter de nombreuses limaces, ou encore ravir les campagnols qui, eux aussi, apprécient la chaleur et la couverture de leurs galeries… Certains jardiniers partisans de la couverture végétale se retrouve « envahis » et dépités… Encore une fois, je ne suis pas une spécialiste du paillis et de ses applications, mais je pense qu’un environnement « équilibré » permet à chacun d’y trouver son compte, et qu’une « invasion » de limaces montre que l’équilibre est rompu quelque part… Peut-être n’ont-elle pas assez à manger ailleurs ? J’ai pour ma part de nombreux escargots au jardin. Des nids entiers (c’est très mignon à voir). Et pourtant, pas un seul de mes jeunes plant n’a été dévoré par les escargots. Parce qu’ils ont toutes les plantes sauvages laissées à leur disponibilité ? De même, cette année, j’ai pu tester les pommes de terre cultivées sous paillis. Effectivement, j’ai eu quelques patates croquées par des campagnols, alors que sur mes patates cultivées de façon « traditionnelle », pas un seul coup de dents. Mais au final, cette perte représente un très faible pourcentage de production, elle est pour moi acceptable, au vu du temps gagné à l’installation de cette culture de patate sous paillis. Pour plus de détails sur cette affaire de patates, je vous invite à lire l’article dédié ! Et pour plus d’infos sur les paillis en général, je vous propose Composts et paillis pour un jardin sain, facile et productif, de Denis Pépin aux éditions Terre Vivante.

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Pour finir, je voulais approfondir avec vous deux notions, dont on entend moins parler, mais que je trouve tout aussi importantes au jardin : le brf, et le compostage de surface.

Je les classe également dans les « couvertures végétales » et pour moi, c’est donc une sorte de paillis… tout le monde n’en parle pas forcément en ces termes, mais bon, vous êtes prévenus 😉

Le brf (pour bois raméal fragmenté), est constitué de copeaux de bois jeune, et est donc principalement issu de la taille des arbres et arbustes. Les petites branches (rameaux), d’un diamètre inférieur à 4-5cm, comptent plus de matière vivante et de minéraux que les grosses branches, ou encore les troncs. Elles sont donc parfaites pour remplir le rôle nourricier d’une couverture végétale. Pour que le rôle de protection soit bien rempli, il est préférable de réduire en copeaux ces branches : cela donne une couverture homogène, mais qui reste aérée. L’idéal est de procéder à partir de bois frais, et d’appliquer les copeaux le plus rapidement possible, afin d’éviter qu’ils ne sèchent ou commencent à composter en tas au fond du jardin. Ce n’est pas toujours évident à respecter, et l’application de copeaux secs ou partiellement compostés ne posent pas de problèmes en automne, puisqu’ils vont rapidement être humidifiés et continuer leur processus de décomposition à la surface du sol.

La technique de fabrication du brf est simple : récupération de branches taillées, broyage et application sur le sol. Évidemment, cela convient bien aux personnes qui possèdent elles même des arbres ou arbustes… ou qui ont de gentils voisins à débarrasser de leurs tailles ! Il est aussi vrai que cette fabrication de couverture végétale demande de l’énergie (par exemple électrique, si vous utilisez un petit broyeur de jardin). Mais rien de comparable à l’utilisation de couvertures plastiques, qui demandent beaucoup d’énergies fossiles, notamment à la fabrication, et qui sont à renouveler chaque année (et puis c’est quand même beaucoup plus joli !)

À la Ferme du champ perché, nous avons rapidement porté notre choix de couverture végétale vers le brf. Pourquoi ? Parce que nous n’avons pas à notre disposition d’autres produits végétaux régulièrement utilisés en paillage, et surtout jamais en assez grande quantité. Pas de paille bio à moins de 50 kilomètres. De toute façon, les balles de paille auraient eu à parcourir les 10 derniers kilomètres en remorque de tracteur, et non en gros camion (qui ne passe pas sur la route) bref, au vu de la quantité nécessaire, plusieurs aller-retours auraient été nécessaires. Cela devenait rapidement une aberration ! Et la question est la même concernant une éventuelle application de fumier… Si le brf peut jouer entièrement le rôle nourricier, pas besoin de fumier !

Le brf que nous utilisons est donc produit « ultra localement ». Tous les bois viennent du village, de branches récupérées chez les voisins, et issues des tailles de ré-ouverture des alpages. Nous avons juste investi dans un petit broyeur de jardin trouvé sur le bon coin pour broyer les « petits » tas de branches, et nous avons loué un broyeur thermique lorsque le tas accumulé permettait de faire une journée de broyage. Ce n’est pas le bois qui manque autour de chez nous, c’est donc la matière première idéale pour notre couverture végétale.

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Tas de brf de quelques mètres cubes… au fond du jardin.

Une autre couverture végétale idéale, et cette fois ci pour tout le monde, c’est le compostage de surface. Comme son nom l’indique, le compostage de surface consiste à déposer ses déchets verts à la surface de son sol pour les composter, et non de les rassembler en tas ou dans un composteur. L’avantage, c’est que le sol récupère directement les matières végétales (aspect nourricier parfaitement respecté !), et qu’il n’est pas laissé à nu. Évidemment la fonction de protection, et, -celle qui intéresse principalement l’Homme, la limitation du désherbage, sont moins bien réalisées qu’avec d’autres couvertures, principalement parce que le compostage de surface crée rarement une couverture homogène. Mais pour moi, ce type de couverture a quand même son importance, car elle ne nécessite aucune énergie, et est la plus proche de ce qu’il se passe naturellement.

À la Ferme du champ perché, c’est une technique très utilisée. Lorsque je réalise les récoltes, je laisse systématiquement les déchets au sol. Par exemple, lorsque je cueille une salade, j’arrache les quelques feuilles abîmées à la base et je les laisse sur l’espace laissé vacant. Lorsque je termine une récolte de petits pois, j’arrache les pieds restant et je les laisse se décomposer sur place. Lorsque je récolte les radis, je laisse au sol ceux qui sont verrés… C’est tout bête, mais pourquoi rassembler en tas, ce qui peut être valorisé directement par le sol ? En une à deux semaines, plus de trace de tous ces déchets… Ils ont été mangés par mon sol ! Certains utilisent cette technique au potager, avec leurs déchets verts de cuisine. Plutôt que de les composter en tas ou dans un composteur, ils les répandent entre leurs rangs de légumes. C’est tout aussi efficace, voir plus, lorsqu’on a du mal à gérer un compost (qu’il faut surveiller, aérer, retourner, arroser…). Évidemment, c’est plutôt considéré comme « peu esthétique », puisque vos coquilles d’œufs et épluchures de pommes se baladent au milieu de vos légumes. Si cela vous gène, ajoutez une poignée de feuilles mortes par dessus, oui, vous avez le droit de cumuler plusieurs couvertures végétales !

Et finalement, n’oubliez pas que tout paillis végétal est un compostage de surface plus ou moins broyé, et plus ou moins joli à regarder… À méditer tout l’hiver ! 😉

 

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