Nouveautés matérielles et premières récoltes d’orties

Bonjour à tous !

J’arrive avec des nouvelles toutes fraîches et bien piquantes : préparez vos gants !

Bon, vous l’aurez remarqué, je n’ai pas été très loquace depuis le début du mois de mai… Et pour cause : de la neige tous les dix jours, ça calme ! Non, je ne vais pas mettre cette baisse de régime sur le dos de la neige, j’ai simplement eu pas mal de choses à faire (au jardin bien sûr !)

Pour les nouvelles météo, voici comment s’est déroulé le mois :

1er mai, fête du travail et assemblée générale de l’association du Renouveau à Villard-Reymond, le tout sous 10cm de neige… Vous pouvez vous douter que le muguet se faisait discret !

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Gros flocons pour bien débuter le mois de mai !

Quelques belles éclaircies bien appréciables tout le mois, mais la neige a refait son apparition régulièrement (autour des 13, 20 et 24 mai…) histoire de nous rappeler que le dicton « en mai, fais ce qu’il te plaît » ne s’applique pas vraiment à cette altitude !

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Le vallon poudré de neige retrouve progressivement le ciel bleu…

Heureusement, entre ces jolies chutes de beaux gros flocons, nous avons eu droit à des journées bien ensoleillées. Le problème porte plutôt sur la chaleur, car nos journées neigeuses culminaient à 2 degrés, et les écarts jour/nuit ont régulièrement atteint les 15 degrés. Le mois a clairement manqué de chaleur et de stabilité, ce qui ne plaît pas vraiment aux plants en pleine croissance… Mais aucun dégât n’est à déplorer sur les fèves, les petits pois, les laitues et autres plantes semées depuis avril au champ : ouf !

Pour les nouvelles matérielles, deux grandes avancées :

  • nous avons pu installer notre prototype d’abri à tomates, réalisé en bois et voile d’hivernage sur un des lopins du jardin. L’idée était de pouvoir tester ce format d’abri pour pouvoir l’approuver et en construire trois autres pour installer toutes les tomates début juin (c’est bientôt !).
    abri-tomate-prototype

    Et un prototype achevé, un !

    Ce prototype correspond à peu près à nos attentes : niveau « effet de serre » en journée, il s’avère parfait, car il accumule juste ce qu’il faut de chaleur, et le caractère respirant du voile d’hivernage permet de ne pas atteindre des températures trop élevées pouvant nuire aux plantes. De plus, il garantit une aération continue : pas d’humidité excessive sous l’abri. Le voile d’hivernage remplit également très bien sa fonction d’ « ombrage léger » en protégeant des rayons directs du soleil tout en maintenant une très bonne luminosité. Les points négatifs tournent plutôt autour de la robustesse de l’ensemble, durement mise à l’épreuve par les rafales de vent souvent ressenties par ici… Nous avions conçu une structure plutôt souple, pour éviter une prise au vent trop ferme, pouvant mener à la casse ou l’arrachement du voile. Cela a bien fonctionné, mais quelques rafales autour des 80 km/h ont eu raison d’un des montants de la structure et de quelques fixations du voile à la structure (réalisées avec des agrafes). Par contre, l’ancrage est bon, et l’abri ne devrait pas s’envoler ! Nous avons donc décidé, pour les prochains abris, d’augmenter légèrement le diamètre des montants pour un peu plus de solidité, de conserver les assemblages réalisés en ligature avec une cordelette assez solide pour garder une certaine souplesse, mais surtout de revoir complètement la fixation du voile, que l’on prévoit de plaquer sur la structure avec cette même cordelette, un peu à la façon des tunnels Nantais, bien connus des producteurs de fraises de plein champ… Bien sûr, vous retrouverez bientôt tout ce travail en images dans un prochain article 😉

  • Pour rester sur cette notion de tunnel Nantais, place à la deuxième avancée matérielle : l’acquisition d’arceaux à boucles ! Indispensables pour créer des petits tunnels de cultures assez résistants au vent, et surtout très maniables, où le voile se lève ou se descend en deux temps trois mouvement en fonction du temps : fini les grosses pierres à déplacer et le voile qui vole au vent… Cette acquisition a pris quelques jours, le temps de traverser la France jusqu’en Dordogne pour trouver des arceaux assez grands et d’occasion (introuvables en Isère, et plus largement dans l’Est de la France où ils sont peu répandus). La mise en place des ces tunnels au champ ne saurait tarder, et fera sûrement l’objet d’un autre article…

Et pour reprendre le travail au champ après ces quelques jours d’absence, rien ne vaut une bonne récolte d’orties ! J’avais remarqué la présence de plusieurs beaux tapis d’orties, encadrées de berces, le long de mes cultures. Pour pouvoir en profiter un peu, j’ai donc limité le désherbage dans ces coins là. Résultat : les orties ont bien poussé, il est temps de les récolter : cela me permettra d’en faire quelques produits transformés, et de retrouver des planches de culture désherbées, bref, de faire d’une pierre deux coups.

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Un rang d’orties prêt à être récolté

 

Pour récolter les orties, rien ne vaut une bonne paire de gants en cuir : les poils urticants des orties ont tendance à traverser le tissu, et je ne sais pas vous, mais je ne supporte pas la sensation des gants en plastique sur mes mains… Une petite serpette, des ciseaux ou un couteau, et vous êtes prêts pour la récolte ! Comme je vous l’ai dit, j’en profitais également pour désherber : j’ai donc procédé par arrachage des touffes d’ortie, j’ai coupé au ciseau les racines et parties basses de la plante et je les ai laissées sur place pour qu’elles paillent le sol et se décomposent tranquillement. Évidemment, cette façon de procéder est à proscrire en cueillette sauvage des plantes ! Tout simplement pour garantir le maintien des « stations » de cueillette, car si vous arrachez à chaque fois les racines, vous vous doutez bien que la plante risque fort de disparaître… Dans mon cas, je cueille les orties sur des zones du champ que je souhaite cultiver, et donc désherber. De plus, l’ortie étant très prolifique, elle étend facilement sa zone d’occupation en allongeant ses racines traçantes pour créer de nouveaux pieds à côté des anciens : tant que quelques pieds subsistent, ils occuperont à nouveau très vite la zone. Je compte ainsi créer des zones de cueillette où la croissance des orties serait à peu près contenue, pour pouvoir continuer à en cueillir sans qu’elle envahisse mes autres cultures.

Toujours est-il que j’ai encore du travail pour les orties ! Une heure de cueillette apporte une bonne dizaine de grandes cagettes bien remplies ! Ensuite, je confectionne des bouquets de tiges d’orties, ce qui me permet de trier les autres plantes pouvant se trouver dans les touffes cueillies : il faut compter une heure par cagette. Les bouquets sont ensuite suspendus à l’abri de la lumière pour sécher dans de bonnes conditions.

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Bouquets d’orties mis à sécher

Les tiges trop courtes ou les feuilles solitaires en bon état sont étalées sur une grille et également mises à sécher. Les tiges dont les feuilles sont abîmées ou trop vieilles sont elles récupérées pour la fabrication d’un purin d’ortie : engrais naturel utilisé en arrosage pour favoriser la croissance des plantes (surtout des feuilles). Finalement, rien ne se perd sur cette cueillette !

Le séchage prends quelques jours (3 à 7 en fonction de l’humidité dans l’air), et j’ai la chance de pouvoir utiliser un séchoir solaire fabriqué et mis à disposition par des amis (merci !) Il permet de créer une circulation d’air chaud, mais pas trop (autour des 30 degrés) ce qui améliore la qualité du séchage : celui-ci est plus rapide, à l’abri de la lumière et des poussières, et bien uniforme.

Séchoir solaire ouvert

Séchoir solaire ouvert…

Les bouquets sont suspendus dans une sorte de boîte, pour être dans le noir. L’air entre par une bouche d’aération sur le dessous, et sort par une bouche d’aération sur le dessus, les deux bouches étant couvertes d’une grille fine pour éviter que les insectes entrent dans le séchoir. La porte du séchoir est doublée : le fond est noir pour bien capter la chaleur, et la deuxième couche est en plastique pour créer un effet de serre. Ce système chauffe l’air sans chauffer directement les plantes. Une aération naturelle commence : l’air chaud monte naturellement et est évacué par la bouche du dessus, et de l’air frais le remplace par le dessous… C’est cette circulation qui provoque un séchage parfait !

Séchoir solaire fermé

… Séchoir solaire fermé !

Une fois secs, les bouquets seront triés, et les feuilles retirées une par une pour réaliser des sachets de feuilles d’orties entières, bien appréciables en tisanes, mais aussi des pots de poudre d’ortie, utilisable en cuisine et en cosmétique. Encore un peu de patience et vous pourrez en profiter 😉

Vous vous demandez sûrement quand les premiers légumes arriveront… Il faudra encore être patients ! Ma « culture test » du mois de mars commence à m’offrir quelques radis, les laitues sont bien avancées, et les fèves sortent leur premières fleurs : cela me conforte dans l’idée que l’année prochaine, je commencerai les semis au champ aux alentours de la mi-mars (les semis de début mars ayant produit des plants n’ayant pas réussi à se développer correctement). Cette année étant ma première, j’ai voulu être prudente, et éviter de prendre des risques en semant trop tôt et en perdant trop de semences, j’ai donc commencé à semer au champ en avril. Cela n’empêchera pas mes légumes d’être délicieux  😉

Sur ce, je vous dis à bientôt, et je retourne à mes bouquets d’orties !

 

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