Les tests au jardin : fourmis et escargots au rendez-vous !

Avant de commencer les semis et plantations au champ, j’ai voulu tester quelques techniques au jardin, pour me faire la main et éviter les déconvenues généralisées !

J’y ai donc fait exactement la même chose que dans le champ, mais plus tôt ! J’ai décidé d’une place pour mon premier lopin, et j’y ai posé une bâche le 27 février. La place était facile à définir : c’était le seul endroit du jardin à ne plus avoir trop de neige 😉 Puis, j’ai voulu la laisser trois semaines. Il a reneigé dessus, ce qui m’a un peu refroidi : allais-je devoir repousser mes tests ? Heureusement, la fonte est vite arrivée, et j’ai pu retirer ma bâche le 20 mars, en poussant les dernières traces de neige.J’ai donc pu entamer la préparation. Au début, j’ai marqué les 5 bandes de culture (d’1,20 m de large) et les 4 allées (de 50 cm de large). La bande la plus basse se retrouvait dans une zone faite de grosses pierres : je n’avais pas vu que des pierres avaient été installées ici, sûrement pour créer un cheminement. Eh oui, que ce soit les herbes de plus d’un mètre de haut en automne, ou la neige plus tard, on m’avait bien caché ce détail 😉 Tant pis, le lopin du jardin ne comptera que 4 bandes et 3 allées.

Mes voisines les fourmis

J’avais pris garde de poser la bâche à côté -et non sur- une grosse fourmilière installée en bordure de mon jardin. Le but était de ne pas déranger ses occupantes, pour éviter le déplacement de la colonie au centre du jardin, ce qui aurait été bien plus problématique… Seulement voilà, elles ont trouvé l’ambiance chaude et humide sous la bâche plutôt à leur goût : une fourmilière annexe a été créée sous ma bâche, dans le prolongement de la fourmilière principale… j’aurai pu m’en douter !

Les fourmis ne sont pas un problème courant pour le jardinier mais elles peuvent engendrer quelques désagréments :

  • elles peuvent « harceler » le jardinier si elles sont un peu agressives, et tenter de le mordre dès qu’il approche à moins d’un mètre de leur fourmilière, en grimpant sur ses chaussures, et en remontant sous son pantalon par exemple… (oui, c’est du vécu, mais en forêt !) Ce n’est pas très grave, mais ça pique et ça gratte fort, et impossible d’arrêter les morsures des fourmis (qu’elles répartissent tout le long de leur chemin) à moins d’enlever son pantalon pour les déloger (je vous laisse imaginer la scène…). Vous vous retrouvez avec de beaux pointillés de morsures, pour une bonne semaine. Ayant déjà vécu la chose, j’ai voulu m’assurer du degrés de nervosité de mes petites voisines… Heureusement, elles ne semblent pas aussi guerrières que mes copines de forêt, mais s’obstinent quand même à se ruer sur le moindre grain de terre que je déplace à moins de deux mètres de leur fourmilière, pour se dresser fièrement contre moi, sans rien tenter de plus. Ouf !
  • certaines ont la fâcheuse tendance à élever les pucerons. Elles réduisent en esclavage une colonie de pucerons fraîchement installée sur un pied de fèves par exemple, et les traient pour récupérer leur miellat. Votre pied de fève devient une salle de traite, nourrissant toute une colonie ! Non seulement, cela augmente le dommage causé à la plante par les pucerons, dont l’installation est favorisée, mais en plus, cela réduit l’action bénéfique des auxiliaires comme les coccinelles, qui habituellement dévorent sans répit les pucerons de votre pied de fève, mais qui là se retrouvent décimées par les fourmis, qui protègent leur bétail…
  • certaines ont une autre manie bien désagréable, qui consiste à récupérer les graines fraîchement semées avec amour par le jardinier, pour les stocker à l’abri de leur fourmilière. En deux temps trois mouvements, votre rang de carotte est déplacé : inutile de vous demander pourquoi elles ne germent pas !

Pas de panique ! Il existe des centaines d’espèces de fourmis, et elles n’ont pas toutes ces caractéristiques (encore heureux !). Au jardin, pour l’instant, la cohabitation s’annonce possible… à voir !

Leurs collègues les escargots

En retirant ma bâche, et en commençant à ratisser mes bandes, j’ai également pu remarquer un grand nombre d’escargots (énormes !) enfouis sous la terre pour leur hibernation… Ils se sont empressés d’ôter leur opercule, et de sortir leurs cornes dès l’arrivée de la pluie, j’ai pu ainsi évaluer leur nombre… Ce sera un gros problème pour mes salades ! Il est possible qu’ils se satisfassent de toutes les herbes sauvages présentes autour de mon lopin, mais je procéderais certainement à une pulvérisation de purin d’absinthe maison, réputer pour éloigner les gastéropodes gourmands…

Herbes, racines et paillis

La préparation de mon lopin s’est déroulée en trois étapes : un ratissage, pour rassembler le paillis des herbes s’étant épuisées à pousser sous la bâche, sans lumière, puis un passage au sarcloir (ou à la binette) pour couper au collet les pousses encore valides. J’ai fini en répartissant le paillis préalablement ratissé sur les bandes, en l’arrosant pour bien l’humidifier, et en reposant la bâche dessus. Je l’ai laissée une semaine supplémentaire, pour relancer la décomposition du paillis, et l’action de « faux semis » pour les quelques graines remontées lors du sarclage.

En retirant la bâche la semaine suivante, le paillis qui commence à se décomposer, a protégé la terre, et permis de garder son humidité. Quelques pousses sont ressorties : un nouveau coup de sarcloir et on en parle plus !

Le seul souci posé par cette technique d’occultation, est qu’elle ne semble pas efficace sur les racines des vivaces tenaces, comme la berce, l’ortie, ou le géranium. Qu’à cela ne tienne, j’enlève celles qui sont assez affaiblies, et je sarcle les dernières. A force de sarcler régulièrement au cours de la saison, les racines vont finir par s’épuiser. Cela peut sembler long d’attendre l’épuisement, mais le temps passé à creuser pour retirer la racine est également long, et pénible ! La terre est toute retournée, et finalement, passer le motoculteur ferait le même effet… à quoi bon s’échiner ? Afin de poursuivre mes tests de culture sans retournement du sol, je préfère agir souvent, mais simplement.

Semis printaniers

Vient le temps des semis : sur une première bande, je creuse deux sillons d’environ 8cm de profondeur à la serfouette, et j’y installe mes fèves, en les enfonçant légèrement au fond du sillon, tous les 15cm. Creuser un sillon me permettra de « buter » mes fèves en comblant le sillon et non en montant une butte… Le travail est plus facile, et perturbe moins les plantes voisines. Les plantes voisines qui sont des betteraves : je trace une ligne dans la terre avec mon doigt pour semer à peu près droit, et j’enfonce légèrement chaque glomérule de betterave, tous les 10cm. Ma bande fèves-betteraves et donc constituée de deux rangs de fèves, encadrés par quatre rangs de betteraves. Je pense ajouter quelques laitues, soit semées en poquets tous les 30cm répartis entre les betteraves et les fèves, soit en repiquant celles que je fais germer en cellules… Je n’ai pas encore choisi ! Le semis peut me permettre de limiter l’action des escargots, qui s’attaquent plus facilement à une laitue repiquées (et donc en stress) qu’à une laitue qui a germé sur place, et qui est donc plus adaptée à son milieu.

Sur ma deuxième bande, je procède de la même façon, pour installer petits pois et navets, à ceci près que les petits pois n’ont pas besoin d’un sillon aussi profond que les fèves.

Sur la troisième bande, j’installe carottes et oignons en rangs alternés. Ma terre est tellement agréable à travailler, que je peux facilement tracer mes sillons au doigt, pour y saupoudrer les petites graines en essayant de les espacer correctement, et recouvrir d’une fine couche de terre en tassant légèrement. J’ajoute à ces carottes et oignons des radis, sur deux rangs, mais aussi en saupoudrage sur l’ensemble de la bande. Les radis vont pousser plus vite que les carottes et les oignons, occuper le terrain face aux adventices et protéger les petites pousses de carottes et d’oignons en maintenant ombrage et humidité. Là encore, je compte installer quelques laitues, qui participent également à la protection des futurs légumes voisins.

Enfin, sur la dernière bande, je compte semer bettes et épinards. Les bettes se sèment comme les betteraves, à partir de glomérules, et je compte semer les épinards comme les radis, c’est à dire à la volée sur toute la bande. Encore une fois, la terre sera complètement couverte, et les épinard éclaircis au fur et à mesure de leur croissance. Les jeunes pousses rejoindront mon assiette, et les autres formeront de beaux pieds productifs !

Ces semis ont donc été échelonnés du 16 au 26 avril pour suivre le calendrier lunaire. Je reviendrai sur la question de l’action (réelle ou fantasmée) de la lune sur les plantes un jour où l’autre, mais pour l’instant, j’aime suivre ce calendrier, avant tout parce que cela me permet de prévoir et répartir mes semis et plantations sans me disperser. Cela m’évite de repousser éternellement certains travaux, et c’est déjà un grand avantage !

Pour pallier à la grande baisse de température que l’on subit actuellement, un voile d’hivernage posé en double couche vient recouvrir le tout. Normalement, cela permet un gain de près de 6 degrés ! Cela nous évitera le gel, annoncé chaque nuit jusqu’au 5 mai…

Et vous, quels sont vos travaux du moment ? Le printemps est-il plus clément ?

7 Commentaires

  1. intéressant, tu pourrais écrire des livres en hiver

  2. De mon côté j’attends que les Saints de Glace soient passés pour entamer mes travaux de jardinage… Je suis une vraie quiche en jardin, et c’est à peu près la seule règle que je connais, donc je l’applique scrupuleusement. J’espère que ça ne sera pas trop tard pour planter mes carottes ?

    • Cécile, de la Ferme du champ perché

      Attendre le passage des saints de glace est une bonne chose, mais c’est surtout associé aux légumes ne supportant pas le froid, comme les tomates, les aubergines, les haricots, les courges… Pour les carottes, tu peux les semer plus tôt sans hésiter !
      Si tu attends le passage des saints de glace, ce n’est pas « trop tard », c’est juste que tu pourrais sans problème avoir des carottes plus tôt en les semant dès le mois de mars. Mais si tu n’es pas pressée, après tout, tu peux attendre et faire l’ensemble de ton jardin en mai-juin !
      Tu peux même semer des carottes jusqu’en juillet, pour en avoir pendant l’automne…
      En fait, c’est assez libre pour la carotte 🙂 Ça me fait penser qu’il lui faudrait un petit article à ce légume !
      Bon courage pour tes semis et plantations !

      • ahah j’ai fait totalement l’inverse ! j’ai finalement planté mes tomates et j’ai préféré attendre plus tard pour les carottes !^^

  3. C’est avec plaisir que je suis votre installation depuis le début de votre « expérience « . ,Vous êtes sur le bon chemin,continuez et bon courage . Je dois avouer qu’au début ,j’éprouvais du scepticisme.
    Sous le climat où je cultive mon jardin(Le Boulou 66) j’ai installé des tuiles servant de refuge aux escargots et …de garde-manger aux musaraignes!

    Un livre intéressant:
    JARDIN MALIN de Jean-Paul Collaert éd.France loisirs

    Le papa de Romain

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