Installation agricole : les coulisses du projet #1

Bonjour à tous !

Pour fêter le lancement du site internet de la Ferme du champ perché, quoi de mieux que de parler de ce qui m’a permis de me lancer ?

Pour mon premier “retour sur installation” je voulais vous parler d’une formation que j’ai suivi il y a maintenant deux ans. Cette formation, c’est “Mûrir ses idées pour en faire un projet”. La prochaine session à lieu très bientôt, et voici le programme :

programme-addear

Ce programme est tiré de la Feuille de chou de l’ADDEAR, que l’on reçoit tous les mois, après s’être inscrit auprès d’Émeline à l’adresse mail adear-sudisere(at)orange.fr

Si vous voulez connaître les détails de cette formation, et éventuellement vous inscrire, contactez la : vous avez jusqu’au 11 avril ! Si vous n’êtes pas en sud Isère, demandez-lui un contact ADDEAR près de chez vous 🙂 En attendant, pour vous motiver, je vous transmet la plaquette complète de la formation Mûrir ses idées pour en faire un projet 2016

Et si vous voulez savoir ce qu’est l’ADDEAR, et en quoi cette formation m’a permis de me lancer vous pouvez continuer votre lecture 😉

Il y a deux ans…

Cela faisait 9 mois que j’avais emménagé en Isère, 4 mois que je remettais tout en question concernant mon travail, bref j’avais l’impression de patauger sans savoir  vers quelle rive nager ! Au travers de celle longue remise en question, j’avais fini par comprendre et accepter mes envies profondes d’un travail différent de celui pour lequel j’étais formée. Un travail que je fais de mes mains, dont j’arrive à voir l’évolution, les résultats, qui est valorisant et ou le contact humain est plus simple… Je n’avais pas encore fixé mon envie, puisque ces attentes s’appliquent à beaucoup de boulots…

Et puis j’ai aussi réalisé que je voulais travailler pour moi. Le fruit de mon travail devait être à destination des autres, mais mes journées, je devais les passer à travailler avec l’intime conviction que cela m’était utile avant tout. Psychologiquement, avec la satisfaction du “travail bien fait” en cohérence avec mes attentes, les liens tissés et les retours sur mon travail qui vont me faire avancer. Physiquement aussi, avec le soulagement de la soirée, où le corps se détend d’une journée bien remplie.

Petit à petit, j’ai compris que pour atteindre toutes mes envies, il ne fallait pas que je cherche un emploi, mais que je crée mon propre travail.

Créer son propre travail

J’ai été frappée par cette solution. Et plus elle me paraissait évidente, plus elle m’inquiétait aussi. Je connaissais peu de personnes ayant fait ce choix, s’étant “lancé dans l’aventure”, et effectivement, de loin, ça m’avait tout l’air d’être comme une expédition au Pôle Nord… J’ai vite compris que je ne pourrais pas créer mon propre travail seule. Non pas que je ne m’en sentais pas capable, mais surtout parce que je n’avais aucune idée de par où commencer. Je me trouvais devant une pelote de laine emberlificotée, sans même pouvoir trouver le bout à partir duquel la démêler ! Et puis j’ai trouvé quelqu’un qui m’a montré ce bout de laine… Quelqu’un ou plutôt quelques uns, dans une association formidable.

L’ADDEAR

L’ADDEAR, c’est l’Association Départementale de Développement de l’Emploi Agricole et Rural. On la trouve dans de plus en plus de départements, et elle existe également à un niveau régional (ARDEAR). Bien qu’émanant de la Confédération Paysanne, cette association n’est pas dédiée qu’aux agriculteurs. Elle accompagne tous les projets de création ou de maintien de l’emploi en milieu rural, quelque soit le domaine d’activité. En proposant un suivi personnalisé, des formations de groupe et l’appui d’un réseau dynamique, cette association donne tous les outils pour démêler efficacement votre pelote !

Mûrir ses idées pour en faire un projet

Un des outils de l’ADDEAR qui m’a beaucoup apporté, est la formation de groupe “Mûrir ses idées pour en faire un projet”. C’est simple, je me trouvais, il y a exactement deux ans -une fois acceptées toutes mes envies et le fait qu’il fallait que je créer mon travail- dans cette situation délicate où l’on a la tête remplie d’idées. Et si je devenais boulangère ? Ou que je tenais un restaurant ? Ou un café ? Un café-lecture ? Un lieu d’échange ? Un télécentre ? Ou alors je tiens un gîte… Un gîte où je cuisine. Mais pas avec n’importe quoi ! Un gîte où je cuisine, avec mes propres produits.

Bon… je me suis inscrite à cette formation, avec mon idée la plus aboutie (!), celle qui me semblait être la solution à ce que je voulais vraiment faire. Au cours de cette formation, j’ai pu rencontrer d’autres personnes, qui avaient elles aussi leur idée, plus ou moins aboutie. Et en quelques semaines, j’ai pu effectivement mûrir cette idée et en faire mon projet, grâce à des apports simples mais efficaces.

La motivation par l’échange

Le premier bénéfice que j’ai tiré de cette formation ? La motivation. À la fin de la première journée de formation, on a l’impression d’avoir pris un bol d’oxygène. Dans un premier temps, on réalise qu’on est tous dans le même bateau. Comme moi, certains ruminaient depuis des mois. Comme moi, certains avaient du mal à définir leur projet. Comme moi, certains se trouvaient au chômage, sans savoir quand ils allaient en sortir. Mais on ne partageait pas que du négatif ! On partageait des besoins, des valeurs, des envies, et même des projets communs. Retrouver chez quelqu’un d’autres les mêmes questionnements, les mêmes attentes, les mêmes rêves redonne confiance et motivation. On sait, en sortant de la salle le premier jour, que tout n’est pas gagné, que ça risque d’être long, qu’on peut ne pas y arriver, mais on sait aussi qu’on est pas seul dans cette situation. Et bizarrement cela suffit à nous faire avancer !

L’évolution par l’exercice

Le deuxième bénéfice que j’ai assez vite reçu : l’évolution. Les journées de formations étaient espacées, de une à deux semaines en général. Cela nous donnait le temps de travailler et de faire évoluer nos idées pour qu’elles se transforment petit à petit en projet. Et pour nous aider à évoluer, nous faisions à chaque séance plusieurs exercices, soit en petit groupe, soit seul, mais toujours avec une discussion tout ensemble par la suite. Ces exercices ciblent nos valeurs, nos besoins, nos envies, nos attentes, notre vision de nos capacités, de nos limites, de nos marges d’actions, pour réussir à dessiner les contours de nos projets. Et ces contours ont très vite évolués !

Efficacité et… durabilité

Avec 6 jours de formation sur deux mois, tout s’est précisé, et j’ai gagné en confiance, en motivation, et le chemin jusqu’à la création de mon entreprise s’est éclairci. Bien sûr, cela n’a pas suffit pour pouvoir me lancer dès le lendemain, la formation magique n’existe pas ! Mais celle-ci m’a durablement mis le pied à l’étrier. J’ai ainsi poursuivi mon chemin avec des rendez-vous individuels, j’ai participé à des journées “créer au féminin”, et à la formation de groupe “En route vers la création !” l’automne suivant.

Je vous parlerai probablement de ces autres outils ADDEAR dans un prochain numéro d'”Installation agricole : les coulisses du projet” 😉 et d’ici là, un seul conseil, si vous voulez vous lancer et créer votre entreprise : quelque soit votre domaine d’activité, faites vous accompagner !

4 Commentaires

  1. Merci ! cela me redonne plein de motivation !
    Bon vent à toi !
    Audrey

  2. Merci Cécile pour ton partage qui sera surement utile à d’autres.

    Pour le financement de tes formations, tu as fait comment ? aides ou denier personnel ?

    Merci

    • Cécile, de la Ferme du champ perché

      De rien 😉
      Alors pour le financement, j’ai puisé dans mes réserves. Enfin si on veut, parce que je n’ai pas dépensé grand chose pour mes formations, au total peut-être 100 euros… Celle-ci en particulier m’a coûté…25€ ! Et encore, elle peut être suivi gratuitement grâce au fond VIVEA. C’est un fond destiné aux agriculteurs et futurs agriculteurs. De nombreuses formations peuvent être financées par le VIVEA, et pas seulement à l’ADDEAR, mais aussi chez d’autres associations comme l’ADABIO, ou encore par la chambre d’agriculture.
      Je pense qu’en agriculture, il faut éviter les formations coûteuses, qui ne peuvent être financées que par ses propres deniers. Il existe tellement de possibilités de se former gratuitement, ou peu cher, ou encore dans le cadre du suivi pôle emploi, ou même pour certains profils d’être financé par la Région (pour passer le Brevet Professionnel de Responsable d’Exploitation Agricole par exemple), que tout ce qui ne rentre pas dans ces possibilités me semble “mauvais”. Je pense que je creuserai un peu le sujet dans un futur article, parce que cette question est vraiment importante lorsqu’on veut s’installer et qu’on a peu de moyens !

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