Un châssis pour le jardin

Bonjour à tous !

En attendant de voir ce qu’il se passe sous mes bâches, je voudrais vous donner un aperçu de ce qu’il se passe sous mon châssis… Parce qu’il s’en passe des choses !

Qu’est ce qu’un châssis au jardin ?

J’entends déjà certains d’entre vous se dire « mais heu… c’est quoi un châssis ? » (je suppose que vous aviez compris que je ne parlais pas de voitures…). Un châssis, au jardin, c’est une sorte de boîte plus ou moins grande, faite en général de bois, ou de plastique, dont le couvercle est incliné, et transparent, pour capter les rayons du soleil (vous visualisez ?). Cette boîte n’a généralement pas de fond, et vous allez comprendre pourquoi… L’objectif du châssis est de créer un microclimat, un peu comme dans une serre. L’effet est plus ou moins efficace, selon son matériau par exemple, mais dans tous les cas, un des avantages majeurs du châssis est de limiter les baisses de température nocturnes, et ainsi d’augmenter la température moyenne « ressentie » par les plantes au cours d’une journée. Les châssis existent sous tout un tas de dimensions, pour accueillir plus ou moins de plantes, mais aussi pour être plus ou moins légers, et manipulables. Concrètement, vous utilisez votre châssis comme vous l’entendez, mais il existe deux courants « classiques » d’utilisation du châssis.

Le châssis nomade

La première est l’utilisation « nomade ». Elle consiste à déplacer son châssis en fonction de ses besoins. Par exemple, vous voulez hâter une culture en particulier : vous posez votre châssis dessus, jusqu’à ce que vos plants soient bien développés, puis vous déplacez votre châssis sur une autre culture, et ainsi de suite. Le châssis dans ce cas, est utilisé un peu comme une cloche géante, ou comme un mini-tunnel. Il finit même pas beaucoup lui ressembler, lorsqu’il est fabriqué en plastique. On perd alors un peu plus de chaleur la nuit que lorsqu’il est plus massif. Une technique qui fonctionne avec ou sans châssis : posez des pierres autour de vos plantes. Elles font un très bon effet de masse et améliorent ainsi l’inertie thermique. En les couplant avec le châssis, vous mettez toutes les chances de votre côté pour limiter les baisses de température nocturne !

Le châssis fixe

La deuxième utilisation est plus « traditionnelle » et plus employée. Elle consiste à utiliser le châssis toujours au même endroit, et ce sont les plantes qui vont déménager au rythme de leur croissance. En général, le châssis est alors assez massif et protège mieux des baisses de température nocturnes. Mais vous pouvez quand même y ajouter des pierres ! (Soyons fous !)

La pépinière

En châssis fixe, vous pouvez créer une pépinière dans votre jardin. Par exemple sur un sol préparé sur lequel vous venez poser votre châssis, et dans lequel vous allez semer vos poireaux. Dans ce cas, vous allez les semer plutôt serrés, et ils seront protégés par le châssis jusqu’à atteindre un stade satisfaisant pour le repiquage au jardin. Ainsi, vous perdez moins de place, et vos poireaux sont plus faciles à surveiller, désherber, ou protéger des « ravageurs ». Et une fois vos poireaux repiqués, vous pouvez y installer autre chose… pour un nouveau cycle de pépinière.

La lasagne

Vous pouvez aussi utiliser le châssis comme structure pour « créer » un sol favorable. Vous posez votre châssis sur votre terre, et vous ajoutez à l’intérieur des couches de terre, de compost, et de déchets verts du jardin… C’est le principe des lasagnes (encore une fois, je ne parle pas de nourriture !). Vous terminez par une petite couche de terreau, et vous avez dans votre châssis, une terre « prête à semer » sous laquelle les couches vont se décomposer et nourrir vos plantes progressivement. Vous pouvez donc vous en servir de pépinière.

Le refuge à godets

Finalement, en châssis fixe, vous pouvez également protéger et hâter vos plaques de semis ou vos godets. Vous posez votre châssis n’importe où (où il a de la lumière quand même…), et même s’il n’y a pas de terre. Vous venez y installer vos godets, et les plantes qui s’y trouvent bénéficieront de l’effet de serre pour bien se développer avant d’être repiquées.

Dans tous les cas, il est important de bien aérer le châssis, sous peine de créer une fournaise…

Comment se procurer un châssis ?

On en trouve en magasins spécialisés pour le jardin, mais pour être sûrs d’avoir le châssis qu’il vous faut, aux bonnes dimensions et pas trop cher, n’hésitez pas à le fabriquer vous-même !

Certains recyclent des anciennes fenêtres pour réaliser le couvercle transparent, d’autres des palettes pour réaliser le contour : vive le recyclage 🙂 Dans tous les cas, pour une meilleure inertie, privilégiez le bois pour fabriquer votre châssis. Pour la partie transparente, vous pouvez utiliser du verre (plus durable, plus beau, mais plus cher, et attention aux grêlons !), du polycarbonate, ou même un feuillet de plastique un peu épais.

Le châssis de la Ferme du champ perché

J’ai beau vous donner des conseils pour avoir un châssis avec une meilleure inertie et une meilleure durabilité, je suis loin de les appliquer ! (Ne dit-on pas que les cordonniers sont les plus mal chaussés…?)

Mes pré-requis ? Je voulais un châssis pour servir de « refuge à godets ». Il serait fixe, mais devrait pouvoir être facilement rentré pour l’hiver, et éventuellement bougé en fonction de l’évolution des saisons. Léger, pour que je puisse le bouger seule. Proche de la maison, pour pouvoir y jeter un œil régulièrement, et faire voyager mes plantes exigeantes en chaleur facilement pour les rentrer la nuit. Et enfin, avec une bonne inertie, pour contrer nos nuits froides !

Suite à un petit désagrément sur la livraison d’un châssis commandé « pour aller plus vite et gagner du temps », nous avons finalement dû fabriquer le nôtre à la dernière minute… avec ce que l’on avait sous la main ! Il est parfaitement adapté à nos besoins dans ses dimensions « sur mesure », mais un peu spécial dans sa conception…Et le résultat m’a bluffée… Tant et si bien que je ne pense plus à acheter un châssis pour le remplacer !

Nous avons réalisé une armature en bois, et tout le reste du châssis est… en voile d’hivernage P30. Pour le coup, ce châssis est très transparent, et capte donc très bien la lumière, sans « griller » les plantes, puisque l’air et l’humidité circulent bien à travers le voile, et qu’il protège des rayons directs du soleil. Il résiste bien à la pluie (et même à la neige) et au vent, parce qu’il est assez souple et poreux, moins aux griffes de chats, j’en conviens ! Il nous a coûté… 1,38 € (précisément !) pour une surface d’environ 1,5 mètres carrés… Et nous a donc fait économiser 190€…

chassis fermé

Notre châssis quand il est fermé. Remarquez la présence de la grille sur le dessus, pour éviter aux chats de s’installer sur le voile (pour eux, c’est comme un hamac…) Et remarquez aussi qu’ils nous le rendent bien, en marquant leur territoire de leurs griffes acérées sur la gauche… grrr…

Tout ça, c’est bien beau, mais l’inertie ?! J’avoue avoir triché sur ce coup : comme vous le voyez, notre châssis est adossé à un mur de pierre de la Ferme, orienté sud-sud-ouest et parfaitement adapté pour jouer le rôle de masse et donc améliorer grandement l’inertie du châssis. Finalement, il ressemble assez à une mini-serre adossée 😉

Moralité ? N’oubliez pas de profiter des atouts que vous possédez (parfois sans vous en rendre compte !) et adaptez votre matériel à vos besoins 🙂

chassis-nuit

Notre châssis, prêt pour la nuit !

Couverture

Pour compléter le châssis, en améliorant encore sa capacité à garder la chaleur emmagasinée la journée pour tenir des températures agréables toute la nuit, n’oubliez pas que vous pouvez le couvrir ! De la paille, une natte tressée, un vieux tapis, ou encore de vielles couvertures… offertes par le gîte de l’Eau Blanche de Villard-Reymond 😉 On va encore gagner quelques degrés !

Et vous, à quoi ressemble votre châssis ? Et quels sont vos bricolages (efficaces !) au jardin ?

4 Commentaires

  1. Bonjour Cécile,
    Quel est l’avantage d’un chassis par rapport à une cloche en plastique transparente ? j’ai une jardinière dotée d’un tel couvercle, et cela a donné de bon résultats l’an passé sur mes petits radis de bobos parisiens… Mais, j’envisage de construire un potager en carré, et j’hésite entre un chassis ou des petites cloches…
    En attendant, j’adore te lire !

    • Cécile, de la Ferme du champ perché

      Huum bonne question 😉
      Je pense que si tu les choisis en plastique, la différence se fait avant tout sur la taille : soit tu multiplies les petites cloches, et tu couvres uniquement certains plants, soit tu choisis de tout couvrir d’un seul grand châssis. Mais là, il faut bien faire attention à l’aération, et encore plus si tes cloches ne sont pas trouées, mais aussi au vent, aux intempéries, qui peuvent endommager le plastique.
      Par contre si tu choisis un châssis en bois, appliqué sur l’ensemble de ton carré potager (que tu auras probablement ceinturé de bois ?), tu amélioreras grandement l’inertie, ton châssis sera plus solide, et tu pourras le laisser « fixe » en prévoyant juste des ouvertures adaptées pour l’aération.
      Et si tu veux que ton potager en carré « de bobo parisien » garde belle allure, je te conseille cette dernière solution 😉

  2. Bonjour,

    Je ne suis pas sûre d’avoir compris une chose : est-ce que la pluie passe ou ne passe pas à travers le châssis en voile P30 que vous avez construit ?
    Aussi, je me demande, à votre avis, combien de degrés avez-vous gagné par rapport à un châssis en bois ?

    Merci d’avance !

    • Cécile, de la Ferme du champ perché

      Bonjour,
      Oui, la pluie passe, mais il faut que ce soit une « vraie » pluie ! Ce qui est intéressant, c’est surtout l’aération. Par rapport à un châssis en bois, je ne sais pas, je n’ai pas testé les deux en même temps. Mais concrètement, cela me permet de rester hors gel, lorsque la température extérieure descend à -8 degrés.

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