Des légumes en hiver

Pour mon premier article, je souhaitais vous présenter un livre, qui a su donner de la hauteur à mon projet !

Alors que je peaufinais mes idées de projet en suivant la formation de l’ADDEAR Isère “Mûrir ses idées pour en faire un projet”, plusieurs questions s’entrechoquaient dans ma tête, dont une essentielle, mais à laquelle il est très difficile de répondre (tous les porteurs de projets pourront vous le confirmer) : où vais-je m’installer ?!

Cette question paraît toute bête, et pourtant elle revient sans cesse lorsque l’on monte son projet. A moins d’avoir déjà des terres, ou une attache déjà très forte à un endroit particulier, on est souvent prêt à s’installer à peu près n’importe où dans une zone plus où moins définie… Bref on patauge. Est-ce que je veux être proche d’une grande ville, d’un marché en particulier, près de ma famille, à moins d’un quart d’heure de l’école, ou encore comment sera exposé mon terrain, devrait-il être bordé d’un ruisseau, pourrais-je y installer des serres…? Toutes ces questions -et bien d’autres encore !- occupent votre esprit, et rendent difficile LE choix du lieu d’installation.

Dans mon cas, j’étais arrivée à un stade où, après avoir défini mes impératifs et mes envies, je me trouvais coincée dans un cadre souvent employé et pourtant bien flou : “l’agriculture de montagne”. A ces mots sont majoritairement associées les activités d’élevage de montagne : que ce soit des vaches, des brebis, des chèvres, qu’elles soient élevées pour leur lait, la fabrication de fromages, ou encore leur viande, on se représente bien l’activité, incluant généralement le pâturage des alpages ! Mais moi, je ne voulais pas élever des bêtes, je voulais faire pousser des légumes. Mon image “d’agriculture de montagne” associée au mot “légumes” avait du mal à se former.

Déjà, les légumes, on aime les mettre à plat. Cultiver dans la pente ? Un casse-tête. Mais bon, après quelques associations d’idées, on finit par imaginer des terrasses -comme pour les rizières- ou encore des rangées bien pensées en courbes de niveau -comme pour certaines vignes. Mais ce qu’on associe bien plus difficilement au terme “légumes” dans “l’agriculture de montagne” c’est bien le froid !

Les légumes, c’est bien connu, aiment l’eau, le soleil et la chaleur, voilà. Le froid, c’est rédhibitoire. Et c’est là -admirez la longueur de l’introduction- que mon livre phare est apparu pour guider mes pas…

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Couverture du livre des légumes en hiver d’Eliot Coleman

Des légumes en hiver, d’Eliot Coleman

Ce livre est tout simplement magique. Facile à lire, même pour un non initié, complet, abordant tous les sujets liés à l’installation d’une culture de légumes d’hiver, et apportant moult réponses aux questions liées au froid et aux légumes, je l’apprécie bien sûr globalement, mais tout particulièrement pour son optimisme.

Oui, c’est son optimisme qui m’a séduite, simplement parce que je l’ai lu au moment où je remettais en questions mes impératifs et mes envies à la simple évocation du froid des montagnes. Grâce à ce livre, j’ai pu croire en mon projet tel que je voulais qu’il se réalise. Il m’a permis de mettre un exemple concret sur l’association froid-légumes que je ne pouvais imaginer.

Maintenant, quand on me parle du froid des montagnes, je vois les serres, les voiles d’hivernages, et surtout ces variétés incroyables de légumes, supportant de voir leurs feuilles geler pendant la nuit, puis se réchauffer doucement sous le soleil, sans en garder aucune séquelle. Et que dire des légumes auxquels le froid offre un surplus de saveur ! Bref je vois toutes les possibilités qui s’ouvrent devant mon projet.

Bien sûr, toutes mes problématiques n’ont pas été instantanément résolues à la lecture de ce livre. Et bien sûr, je ne suis pas exactement dans la même situation qu’Eliot Coleman. Bien sûr, j’aurai d’autres problèmes à résoudre pour cultiver mes légumes, et bien sûr, je ne pourrai pas toujours appliquer les mêmes techniques que lui pour optimiser mes récoltes. Mais lire ce livre m’a permis de comprendre que chaque porteur de projet peut réussir à trouver le système de production idéal à son lieu d’installation, le système qui lui permettra de s’adapter à la nature, plutôt que d’essayer de la contraindre avec des systèmes pré-établis.

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